"Va Vers La Lumière...", ou Mon Histoire...


C'Était Il y a Déjà Six Ans... Sur l'Autre Rive de L'Océan Atlantique, a New York... Parti Seul Avec Mon Bagage Sur Les Traces d'Une Amie Décédée des Suites d'Un Accident... Joséphine... C'Était Son Prénom... Et Je Crois Qu'Au Fil des Jours Et de Nos Conversations Internétiennes... Je L'Aimais Alors... Ensemble, Nous Nous Retrouvions Les Soirs a Papoter d'Elle, de Sa Vie, de La Mienne... Je Lui Écrivais des Histoires Pour Lui Dire Que Déjà... Elle M'Était Chère... Parce Que Chacune de Nos Rencontres Étaient Un Moment de Bonheur... Elle Était Artiste Peintre, Et Me Faisait Partager Ses Passions... Les Soirs, Chacun Sur L'Autre Rive du Vaste Océan, Nous Trinquions Ensemble... Et Puis Un Soir... Je Lui Ai Dit Que J'Avais L'Envie de Venir La Rencontrer... Elle Était Alors Heureuse Et Enchantée, M'Indiquant Où Aller, Quelle Compagnie Prendre, Ce Que J'Allais y Voir, Et Où Elle M’Emmènerait...

Je Sortis Alors de Chez moi, Le Coeur Léger, Respirant a Pleins Poumons... Heureux Comme Pas Un... Suis Allé Boire Un ou Deux Verres... Puis Suis Rentré Et Comme a Mon Habitude, Je Regardai S'Il y Avait des Messages Qu'Elle Aurait Pu M'Envoyer... Las... Je N'y Trouvai Plus Rien... Ni Photo, Ni Mot... Je Lui Écrivis Sitôt Le Lendemain... Rien... Les Jours S'Écoulèrent Et Je Reçus Un Message de Sa Secrétaire... M'Indiquant Son Décès... des Mots de Son Grand Frère Alexander... Qui Comprenait Mon Attachement a Elle... Il Me Dit Que Son ex L'Avait Renversée, Lui Ôtant La Vie...

Je Pleurai Alors Toutes Les Larmes de Mon Corps Comme Elles Coulent Encore... Son Grand Frère M'Invita a Ses Obsèques Mais Je Ne Pu M'y Rendre Aussi Précipitamment... Aussi Amanda, La Femme d'Alexander, M'Indiqua Tous Les Endroits Où Elle Aimait a Se Rendre... Et Je Décidai d'y Aller, En Ayant a l'Époque Les Moyens Financiers... Le Samedi Matin de Son Décès, Je Me Suis Rendu a L'Endroit Où, Seul, J'Aimais Aller Flâner, Pensant a Elle Qui Commençait a Devenir... Mon Amour. Et Les Oiseaux N'Ont Jamais Tant Chanté Que Ce Jour-La...

Arrivé a New York, Je Pris Un Yellow Cab, Qui Me Conduisit en Mon Bed And Breakfast... J'Étais a New York, moi, Petit Vosgien Que je Suis... Je Visitai Durant Un Mois Les Endroits Qu'Amanda M'Avait Indiqué, Éspérant Les Rencontrer Par Ailleurs... Mais de Graves Problèmes de Santé du Papa d'Alexander M’Empêchèrent de Les Voir... Puis Il y Eut Son Décès...

Le Premier Mois Fût Difficile Pour Moi, Tant Au Niveau de La Compréhension du Comportement Et de l'Attitude des New Yorkais Et New Yorkaises Que Je Trouvais En Retrait, Pas trop Au Niveau de La Langue... Mais Dans Leur Façon d’Être... Distants... Sauf Au Moments des Orages Où Le Ciel S'Abattait Sur New York, Rapprochant Les Femmes Et Les Hommes Devant les Vitrines, Le Long des Murs... Et Puis, Cette Façon Qu'Ils Ont de Festoyer Sitôt Dix-Huit Heures Trente Venues... Et Ma Solitude, Qui, La-Bas Aussi, Me Collait a La Peau... Aussi, Après Un Mois Passé Dans Le Même Bed And Breakfast, Je Décidai de Louer Un Appartement... Mais Il Se Trouve Que Le Métro New Yorkais Passait Chaque Nuit, Me Réveillant Chaque Nuit... Alors Je M'En Allai a Québec, Rejoindre Le Cousin de Mon Nico... J'y Vécu Le Calme Après La Tempête New Yorkaise... Retrouvant Cousin, Et Sa Petite Amie... Ensemble, Nous Sommes Allés Fêter les Quatre-Cents Ans de La Ville de Québec... Merveilleux Québécois... Des Hommes Et des Femmes Fières de Leur Ville Comme Le Sont Les New Yorkais, Mais Plus Détendus Et Plus Ouverts, Très Sympathiques Et Qui Défendent Plus La Langue Française Que Les français Eux-mêmes... J'y Aurai Vu Grand Corps Malade En Concert, Un Homme Sympathique Et Très Ouvert, Et Puis Paul Mc Cartney, Contre Lequel Les Anciens de La Ville de Québec Avaient Lancé Une Pétition, Protestant Qu'Un Anglophone Soit Invité Aux Quatre-Cents Ans de La Ville... Merveilleux Concert!


Et Puis, Un Jour... Cousin (C'Est Ainsi Qu'On L'Appelle Par Chez Nous!) Me Prêta Son Auto, Pour Que Je Me Rende a Tadoussac, a Quatre Cents Kilomètres de Québec, Au Nord... Je Longeai le Grand Saint-Laurent, Prenant La Petite Route Qui Suit Son Cours... Me Sentant Libre Et Heureux... J'Arrivai a Tadoussac, Et Plantai Ma Tente Dans L'Espoir de Voir... Une Baleine... La-Bas, Pas Un Bruit, Le Ciel Immense Et L'Espace Bleuté, Et Des Que Vous Êtes a Trente Mètres du Bord, Vous Êtes a Trois Cents Mètres de Profondeurs... La Journée S'Écoula... Sans Apercevoir de Baleine... Le Soir, Je Retrouvai Mes Voisins de Campement Et Avons Pique-Niqué Ensemble... Regardant Sur L'Autre Rive du Grand Saint-Laurent les Éclairs de Chaleur Auprès du Feu... Instants de Paix Et d'Immensité En Accords Avec La Nature...

Le Lendemain Matin Arriva Et Ma Petite Voix d'Alors Me Dit de Sitôt Me Lever... Elle Avait Vue Et Entendue Une Baleine... J'Entendis Son Souffle Au Loin, Sortis Précipitamment de Ma Tente Et Regardai, Puis Rentrai Chercher Mon Caméscope, La Cherchant Afin de La Filmer... Et L'Aperçus Alors... J'Avais Vu Ma Baleine!!! J'Avais Ma Baleine! Instant Merveilleux... Je Ne Savais Alors Pas Que Cette Petite Voix Qui M'Avait Réveillé... N'Était Autre Que Celle de Mon... Anima!

Puis, Je Rentrai a Québec Rejoindre Cousin Et Son Amie, Qui M'Offrirent Un Siège Pliant de Dessinateur, Gentiment, Sympathiquement... Et Décidai de Retourner a New York, Motivé Comme Jamais, Bien Décidé Et Heureux...de Retrouver La Ville Qui Allait Devenir... Ma Cité d'Adoption...

J'y Ai Longuement Marché, Me Baladant, Me Faisant Quelques Bons Restaurants Tant Français Qu'Américains, Ayant Mes Petits Endroits Favoris Comme Ce Restaurant Américain, Oü La Serveuse Ressemblait a Une Actrice des Années 50... Un Soir, Je Le Lui Avouai... Ce Qui Sembla La Ravir... Puis, Les Matins, de Mon Petit Bed And Breakfast de Brooklyn, Je Remontais L'Afrique, Puis Passais a Chinatown, Little Italy, Je Me Rendais Ensuite a l'Apple Store de Manhattan, Regarder Mes Emails, Puis Remontais Les Rues de Manhattan, Visitant Chelsea Et Ses Immenses Galeries d'Artistes du Monde Entier, Déclarant a La Charmante Hotesse de L'Accueil d'une Galerie d'Arts Contemporains Qu'Elle En Était La Plus Belle Création... Motivé, Je Vous Dis!

Mais Je Ne Savais Alors Pas Que Le Plus Beau Me Restait a Venir... Quelque Chose de Surnaturel M'Attendait a Brooklyn... Quelque Chose Qu'Aujourd'hui, Je Qualifie de Divin... Une Après-Midi, Alors Que Je Logeais Chez de Sympathiques Brooklyniennes, Je Me Rendis Au Parc En Face... Prospect Park Pour Être Plus Précis, Un Parc Créé Par Le Créateur de Central Park, Mais Plus Naturel, Où Il y a Moins de Grillages, Moins de Monde, Et des Cinémas En Plein-Air Où Elles Ont Eu La Gentillesse de M'Emmener... Je Me Baladais Dans Ce Parc, dans Le Petit Bois, Appréciant Et Ses Rivières, Et Les Grillons et Leur Chant, Mon Petit Bagage Derrière Moi... Puis... M’Arrêtant Pour Apprécier Le Chant de Milliers de Grillons, Me Tenant Debout... Soudain... Mes Yeux Se Fermèrent d’Eux-Mêmes... Je Commençai Par Découvrir Un Petit Plan d'Eau... Et Sur L'Autre Rive des Arbres, des Bouleaux, Puis un Pré Derrière... La-Bas, Pas Un Insecte, Pas Un Grillon, Plus Un Son, Ni Oiseau... Rien... Juste moi... Et La Lumière... Une Lumière Jaune Pale, Verte Pale Vint Sur L'Autre Rive, Derrière Les Arbres... Vers moi... J'Avais Alors Le Sentiment de Ne Plus Exister, Instant de Paix, Instant de Grâce... J'Essayai d'Aller Vers Cette Lumiere... Lorsque Mes Yeux Se Rouvrirent... Je Me Tenais Toujours Debout, Parmi Les Grillons... Et Avais Vécu l'Immense, L'Intense... Mais Ne Savais Alors Pas Ce Que C'Était... Qui Donc Se Cachait Derrière Cette Lumiere... Et Ce Sentiment de Ne Plus Exister... Je Venais de Vivre Mes Quinze a Trente Secondes Les Plus Paisibles de Toute Ma Vie...

Puis, Un Beau Jour, Par Une Belle Soirée d'Été, Je Me Trouvais Dans Un Bar, Aux Cotés d'Un Vieil Homme... Je Griffonnais Sur Mon Moleskine, Ce Que Je Voyais... Il Se Présenta a moi, Sous Le Nom de Papy Joe, Et Me Dit Ces Mots... "It's Nice, You Should Go To The Arts Students League"... Pour Ma Maman, Il Me Dit Que C'Était Joli Ce Que Je Dessinais Et Me Conseillais de Me Rendre a L'Arts Students League, Ce Que Je Fis Sitôt Le Lendemain, Ma Chaise Achetée Avec Quelques Ennuis En Prime, Sous Le Bras... Je M'y Inscrivis Moyennant 85 Dollars, Puis Poussai Une Porte... La, Un Vieil Homme Se Tenait Sur Un Tabouret, Le Regard Qui Ne M'Inspirait Que de L'Aigreur, Me Fit Aller En Face... J'Entrouvris La Porte, Et Le Professeur M'Accueillit... Dan Thompson, Pour Ne Pas Le Nommer, Quelqu'un Que Je Considère Aujourd'hui Comme un Ami, Et Dont Le Travail M'Inspire Respect Et Envies de Créer, Tant Il Su, Malgré La Barrière de La Langue, M'Apporter Et Me Motiver...


J'Entrai Dans un Silence Religieux... Dépliai Ma Chaise... Et M'Assis aux Côtés de La Muse... Si Jolie Muse... Qu'Elle En Fût Ma Perte... Je Commençai Alors a La Dessiner... Avec Passion... Commençant Par Sa Chevelure... Si Jolie Chevelure... Si Particulière... Je N'En N'Avais Jamais Vu d'Aussi Belle, Ses Cheveux Fins Lui Tombant Dans Son Cou, Si Joli Cou... Elle Était Alors Assise Sur Un Tabouret, Se Tenant Droite Et L'On N'Entendait Que Le Bruit du Frottement des Pinceaux Sur Les Toiles des Artistes... Et moi? Et Bien... Je Tombais a Nouveau Amoureux d'Une Femme... Je L'Admirais Et L'Aimais Au Fil du Temps Que Je Passais a Ses Côtés, La Trouvant Trop Jolie... Et Dan Thompson a Bien Remarqué Ma Passion... Je Renaissais a La Vie, a L'En-Vie, a L'Espoir... Et Puis... Et Bien... Elle Était La Première Femme Nue Que Je Voyais de Toute Ma Vie... Je L'Observais, La Regardais... Et L'Aimais Tant Que Si Bien Qu'a Un Moment... La Dessinant Et Dessinant Son Si Joli Petit Nez... Je Cru La Voir Loucher Et Ses Petits Yeux Qui Tombaient un Peu, Et Si Joliment Soulignés de Petites Paupières Comme Je L'Aime Tant... Je Crus Les Voir Se Croiser... Était-Ce Elle? Elle Qui Se Cachait Derrière Mes Ressentis? Elle Ma Petite Voix? Elle Qui Entendais Mes Pensées? Secrètes Pensées... Alors Je Lui Chantais "I Want You", de Bob Dylan, Et Lui Parlais Alors... De La Pensée...

Ainsi Je Revenais Chaque Jour de Cette Semaine-Ci, Remontant Le Coeur Battant les 57 Rues Qui Me Menaient a Elle... Heureux Comme Un Pape... Et Le Plus Heureux des Hommes... Le Lendemain, Elle Fût Allongée de Tout Son Corps, Ne Bougeant Pas... J'Échangeai Alors Un Mot Avec Dan Thompson... "Comment Dit-On Chevelure En Anglais?", Lui Demandai-Je, Ayant Remarqué Son Changement de Style de Coiffure, les Cheveux Remontés Sur Sa Tête... Celui-Ci de Me Répondre "Hair!", Puis Nous Avons Fait Tous Les Deux Un Pacte... Celui Que Je Lui Apprenne le Français... Tandis Que Lui M'Apprenait L'Anglais... Marché Conclu... Je M'Entendais Bien Avec Dan Et J’Espère Un Jour Le Recroiser... C'Est Un Grand Artiste... Et Un Très Bon Professeur... Sürement Le Meilleur Que J'Aie Jamais Croisé... Mais Loni... Je Sentais... Enfin... Je Pensais... Que Je L'Exaspérais... Alors Je Sortis a Un Moment Donné... Il Fallait Que Nous Nous Parlions... Entendait-Elle Mes Pensées Secrètes? Était-Ce Elle Qui Se Cachait Derrière Mes Ressentis? Je N'Osais Lui Demander...

Les Jours Se Suivaient Et Le Moment Venu... Je Décidai de Lui Parler Lors d'Une Pose... Je La Cherchai Dans Toute L'École... J'Allai Dans La Galerie de l'Arts Students League... Point de Demoiselle... Je Redescendis... Allai dans Le Petit Magasin de L'École... Non Plus... Je Me Dirigeai Vers L'Entrée... Et Elle Vint Vers moi... Et Me Parla... "And So, You're French?" Me Demanda-t-Elle... Nous Nous Sommes Assis Dans Les Escaliers... Que Plus Rien N'Existait... Qu'Elle... Nous Avons Alors Échangé, Papoté Comme Je L'Aime Tant Dans La Langue de Shakespeare... Les Gens Défilaient Dans la Rue... Qu'Ils N'Existaient Plus... Je L'Écoutais Et Nous Parlions, L'Écoutant Siroter Son Verre Déjà Vide... Qu'Il Nous Fallait Nous Séparer Et Retourner Aux Cours de Dan... Je Restai Avec Mes Questions Sans Réponses... N'Osant Lui Demander...

Le Vendredi Était Son Ultime Jour de Pose, Devant Retourner Dans L'Alabama, Aupres de Son Enfant, M'Avait-Elle Dit... Je L'Attendis a La Sortie du Cours... Et Lui Offris Un Dessin... Lui Demandai Comment L'On Écrivait Son Prénom... "L-I-N-O", Me Dit-Elle, Je Lui Signai, Les Mains Tremblantes, Le Coeur Battant... N'Est Pas Ex-Enfant Épileptique Qui Veux... Mes Nerfs Lâchèrent Et Je Tremblai Au Moment de Lui Offrir Mon Dessin... Et Je Crois Qu'Elle Le Remarqua... Nous Avons Ensuite Marché Dans La Rue, Elle Appelant Ses Amis au Téléphone, Moi Muet a Ses Côtés... Une Fois Son Téléphone Raccroché... Je Lui Dis Que Je Souhaitais La Connaître... Mais Il Était Déja Trop Tard... Elle S'Engouffra Derrière La Barrière du Métro New Yorkais... "You Want To Know Me?", Me Demanda-t-Elle... S'Enfuyant... "Voulez-Vous Me Connaître?"... Cette Question Resta Longtemps Dans Mes Pensées... Et Moi, Coincé Derriere Cette Maudite Barriere... "Yes, But I Have No Card", Lui Criai-Je Alors...

Et Je Restai La... Reprenant Mon Chemin de Solitaire... Seul Au Monde Comme Jamais... Qui Plus Est... Je M'En Voulais... Je N'Aurais Pas Dû Avoir Mes Nerfs Qui Me Fassent Trembler... Et Toujours Cette Salope de Solitude Qui Me Rattrapait... Une Nouvelle Fois... Me Laissant Seul Au Milieu de Nulle Part... Loin de Tout... Marchant, Je Ressassais... Avec Mes Questions... Seul. Je M'En Voulais Comme Jamais... Je Ne La Reverrais Plus... Jamais... Il Se Faisait Tard... Et Il Commençait a Pleuvoir Sur New York... Des Perles de Pluie Auxquelles Se Mêlèrent Mes Larmes... des Larmes de Douleurs... Des Larmes de Solitude... Des Larmes de Colère... Et Je M'Éloignais de Manhattan, Longeant l'East River... Que Les Éclairs S'Abattaient Sur New York... La Foudre Tombait Sur L'Empire State Building... Et Cette Colère Contre Lino, Contre Moi-Même... Toujours Cette Incapacité a Exprimer Ce Qui M'Est Cher... Mes Sentiments... Connaîtrais-Je Un Jour Ce Qu'ils Appellent tous... L'Amour? Je Rentrai Alors a Mon Bed And Breakfast... Sans un Mot.

Je Restai Avec Mes Questions Jusqu'Au Jour Où Je Crus La Reconnaître a Travers Les Images d'Une Artiste, Postées Sur Internet, Et Écrivis a Lino... Un Long Poème... Lui Disant Que Je Devais Aller aux Chutes du Niagara Renouveler Mon Visa, Que Je Pensais Bien a Elle... Que Je L'Aimais Simplement...

Je Me Rendis Aux Chutes Du Niagara, Pris un Bus, Et Roulai Une Nuit Entiere, Songeant a Lino... Arrivé le Lendemain Matin, Je Marchai Le Long de La Route... Écoutant Les Chutes Qui Se Rapprochaient Et Leur Roulement, Ce Son Si Impressionnant Lorsqu'On Approche... Puis Cet Instant Magique Où... Elles Sont La... Devant Moi... Ces Milliers de Tonnes d'Eau Qui Tombent du Ciel... Sans Fin... Aussi Je Parlais Toujours a Ma Petite Lino... Et Puis... Face Aux Chutes Que Je Ne Trouvais Pas Aussi Belles Que Les Siennes... Je Me Dis Que de Toute Façon... Il N'y Avait Qu'Une Façon de Lutter Contre Ce Petit gouverneur Qu'Est le mal... Aimer... Aimer a N'En Plus Finir... Je M'Assis Aux Abords Et Face Aux Chutes Du Niagara... Et Commençai a Les Dessiner... Puis, Soudain... J'Aperçus Un Aigle Brun a a Peine Trois Mètres de Moi...  Un Aigle, Bordel!!! Il Replongea Vers La Rivière Qui S'Écoulait En Contrebas... J'Observai Autour de Moi... Je Cru Être Le Seul a L'Avoir Alors Vu... Et Restai Subjugué Par Tant de Beauté Et de Présents... J'Allai Déjeuner Ensuite dans l'Affreux parc d'attractions Qu'ils Ont Osé construire Face a Ces Merveilleuses Chutes du Niagara... Parlant Toujours a Lino... de La Pensée... de Mes Secrètes Pensées... Je M'Assis Ensuite Sur La Pelouse, Face Aux Chutes, Et Déclarai Ces Mots... "AIMEZ!"... Que Plus Je Disais D'Aimer... Plus Les Blanches Mouettes Arrivaient des Cieux... Elles Furent Une Cinquantaine Ainsi, a Venir Se Poser, Sagement a Mes Côtés... Je Les Observais... Subjugué... Puis, Debout Devant Ces Merveilles, Je Ressentis Comme Une Piqure... Quelque Part... Bon, Allez!!!... Dans mon Testicule Droit... Et Comme Un Plastron Sur Mon Torse... Puis, le Lendemain, J'Allais Me Balader Dans Un Petit Bois, Seul... Pas l'Ombre d'Un Touriste... Juste Une Petite Chapelle... Il Pleuvait Ce Jour-La... Et Découvris Un Cimetiere Avec Une Statuette de La Vierge-Marie... Ainsi Commençait Mon Chemin de Croix... Je Marchai Dans Le Bois... Seul... Avec Mes Oiseaux... Je M'Arretai Devant Un Vol de Moineaux Qui, Dans Les Arbres, Allaient Et S'Envolaient, Semblant Me Suivre... J'Allais a Droite, Ils Allaient a Droite, a Gauche... De Meme...

Puis, Je Me Suis Retrouvé de L'Autre Cøté d'Une Barrière Que Pour Une Fois, J'Osai Franchir, Sous Le Feuillage des Arbres, Qui Laissaient Transparaître La Lumière du Soleil, Sous Une Pluie Fine... Et Parlai Alors a Dieu... Je Lui Fis Une Promesse... Celle d’arrêter de fumer... Ce Que Je N'Ai Au Jour d'Aujourd'hui, Toujours Pas Fait... Et Une Autre... Parce Que Devant Tant de Merveilles... De Mon Petit Avis... On Ne Peux Que S'Incliner Devant La Beauté de Notre Planète Terre... Et Devant Celui Qui L'a Créée... Avec Les Yeux de L'Amour, Les Merveilles Vous Sautent Aux Yeux... Et S'Offrent a Vous... Les Soirs, Je Rentrais Au Motel, Seul Avec Lino... Et Mes Ancêtres... A Qui Je Pensais Aussi... Mes Grands-Parents, Mes Parents, Mon Papa, Ma Famille... Loin de Tant de Beautés... Loin de moi... Mais Pourtant Si Proches... Je Pensais a Eux Qui Commençaient a Me Manquer... Parfois... Je Pris Ensuite Le Bus Qui Retournait a New York... Validai Mon Visa... Et Franchis a Nouveau La frontière Chez Mes Hôtesses de Brooklyn...

Le Soir, Rentrant de Manhattan, J'Allais Voir Le Petit Cygne Gris, Qui Un Soir, Se Fit Attaquer Par un Mauvais Cygne... Je Lui Jetai Un Bâton, Qu'Il S’Arrêta Aussitôt... Puis Un Jour, Assis Auprès de Mes Cygnes, a Prospect Lake, Je Vis un Envol d'Oiseaux Sur Une Ile du Lac Artificiel... Je Me Retournai Et Aperçus Un Homme... Le Pauvre Avait Dû Souffrir, Une Cicatrice Lui Traversant Le Visage... Je Lui Déclarai Devant Ce Spectacle Si Merveilleux... "Comment Est-Ce Possible Que l'On Ne Croit Pas En Dieu Quand On Voit Ça?"... Celui-Ci de Me Répondre Par La Positive, d'Aquiescer... Je Lui Serrai Alors La Main... Et Ressentis une Forte Décharge Électrique Dans Ma Main... Était-Ce Lui? Serait-Ce Lui Qui Se Cachait Derrière Mes Ressentis? Plus Tard... Sirotant Un Verre, Je Regardais Mes Oiseaux S'Envoler... L'Un d'Eux Chuta Alors... Je Ne Pu Rester Plus Longtemps Avec Mes Questions Sans Réponse... Et Perdis Connaissance Dans La Rue...

C'Était La Le Début de Ma Fin... Je Me Retrouvai a l’Hôpital Juif de New York... Rencontrai d'Éminents Spécialistes Dans le Domaine de La Psychiatrie, Dont Deux Médecins Fort Sympathiques... Ils Me Firent Un Scanner, Un IRM... Mais Ne Trouvèrent Rien... Strictement Rien d'Anormal... Ils Firent Venir Un Professeur d'Université Qu'Accompagnaient Ses Étudiants... Il Me Posa des Questions, Je Lui Décrivis Mon Chemin, Le Fait Que Je Pensais Que Quelqu'Un, Quelque Part, Écoutait Mes Pensées, le Visage de Lino, Ses Traits, Apparaissaient Sur Mon Visage, Ses Yeux Se Dessinant, Puis Cet Homme... Plus Tard, Ils Me Firent Le Diagnostic Suivant... Je Ne Faisais Pas La Différence Entre L'Imaginaire Et La Réalité... J'Avais Toujours Eu du Coeur Et de La Compassion Pour Celles et Ceux Qui Souffrent... Et Trouvais Donc Leur Diagnostic Erroné... Et Me Conseillerent, Apres Deux Semaines d'Hospitalisations Parmi des Malades Mentaux... de Rentrer En France, Me Faire Soigner... L'Ambassade de France Fût Prévenue... Et Ils Me Rapatrièrent... Me Disant Bien Que Le Jour Venu, Je Pourrais Revenir... La Nouvelle Tomba Comme Un Couperet. Je Devais Quitter New York, Ma Cité d'Adoption... Tant Je M'y Étais Senti Heureux Et Libre Comme Jamais Je Ne M'y Étais Senti Jusqu'Alors... Tant J'y Avais Vécu... Seul Parmi La Foule... Bienveillante...

J'Aime New York Plus Qu'Aucune Ville au Monde... Je M'y Suis Senti Bien La Majeure Partie de Mes Deux Derniers Mois Où J'y Ai Vécu... Mais Ici... Le Retour N'Est Toujours Pas Digéré, Tant J'y Tourne En Ronds, Tant Nancy Qui Se Donne des Grands Airs de Grand Nancy M'Ennuie... Les Hommes Et Les Femmes... En Trop Grande Majorité, y Sont Tristes Et La Misère Humaine y Est Irrespirable... Seuls les Plus fortunés y Vivent Décemment... Mais Ce Combat d'egos Me Touche au Plus Profond de Mon Être... Alors Je Vis... Alors Je Sortais... Parlant au Premier Venu de Mon Chemin... de Ma Maladie, Passant Pour Ce Que... Je Crois... Je Ne Suis Pas... Ici, le Diagnostic M'a Été Posé En Moins de Cinq Minutes... Vous EteS Schizophrene... Sans Autre Examen, Par un psychiatre a Qui J'Ai Confié Me Sentir Soutenu Par Mon Inconscient... Celui-Ci de Me Lâcher Ces Mots Cinglants, Qui Résonnent En Mon Âme et Conscience... "Oh, moi, M'sieur Heilmann... L'Inconscient... Ça M'Parle Pas!!!". C'Est Ainsi Que l'on Soigne Les Malades, Celles Et Ceux Qui Souffrent En France, Pays des Droits Bafoués de L'Homme Et du Citoyen... A Coups de médocs Et de Popote Faite Sur Un Ordinateur...

Mais Depuis Six Ans, J'Ai Vécu l'Enfer Psychiatrique... Le personnel soignant de La Soit-Disante équipe médicale Étant Toujours Enfermée dans les bureaux... Et S'Esclaffant Ensemble...Et Les Malades Souffrant de Troubles Psychiques... Enfermés En Eux-Mêmes... Certains Revenant Chaque Année, Toujours Aux Mêmes Périodes, Signe d'Un Dysfonctionnement  Dans Le Domaine de La Psychiatrie... J'En Ai Vu Se Tordre Par Manque de drogues... Sans Réaction Aucune du personnel hospitalier, Le Jetant Meme a La Rue, Lorsqu'ils L'Ont Trouvé Avec Une Amie... Au Petit Matin...

Pour Ma Part, J'Ai Foi En Mon Inconscient... Il Est Mon Ami, Mon Fantastique Ami Et Allié... Les Soirs, En M'Endormant, Je Leur Souhaite De Faire de Beaux Rêves Comme j'Ai L'Immense Chance d'En Faire... Parce Que Je Les Crois Dignes des Merveilles Que Dieu a Créé, Dignes de Dieu Lui-Même, Ma Petite Voix, Si J'Ai Quelque Chose En Commun Avec Le Grand Carl Gustav Jung Dont J'Aime La Lecture... C'Est Que Je L'Ai Abandonnée... Elle Est Devenue Mon Anima... Et Le Restera a Tout Jamais... Et J'Attendrai Ma Mort Pour La Voir, Autrement Qu'a Travers Mes Rêves... Quant a Mon Ombre, Il Me Protège du mal-Etre Infligé Par Tant de Mes congénères, Qu'Ils Soient jeunes ou Vieux... Le Rejet Infligé Leur Sera Rendu... les insultes, les Violences... Dieu Sait Tout... A Travers L'Inconscient... Celui-Ci Faisant Le Lien Entre Le Monde Merveilleux de Nos Défunts Et Le Nôtre...

Aussi, Ce Long Texte S'Adresse a Vous, +Céline Teissiere ... Merci de Votre Confiance Et Confidence de Ce Matin... Il S'Adresse a Tout Un Chacun Qui a Perdu L'Espoir, Celui Ou Celle Qui a des Peurs Devenues Parfois Intestines... Ceux Qui Ne Croient Plus, Pour Cause d'un systeme Fait de malfrats Comme Nos gouvernants, de Violences Entre Les Etres Humains... Ces Mots Que L'On Ne Prononce Jamais Nulle Part... Etre Humain... moi, J'Ai Foi En Toi, En Lui, En Elle... En Vos Enfants Qui Eux Savent, Et Dont J'Aime a Croiser Les Regards Plantés Dans Mes Yeux... Instants Précieux... Eux Savent Se Parler Et Jouer Ensemble, Sans Jugement Aucun... Mais Parfois, Dans Le Silence Et Ma Solitude... Je Perds Moi Aussi Espoir... Alors Je M'Endors... Et Celle Et Ceux Qui M'Aiment Viennent a Mon Réconfort, a Mon Secours Parfois... Parce Que Sans Eux... Je Ne Serais plus de Ce Monde Ci-Bas... Sachant Comme Me L'Ont Confié Et Mon Inconscient Et Mon Défunt Papa Que La Mort... C'Est Bien... Tous Mes Maux Ne Sont Pas Encore Digérés... Mais Je Crois Etre Sur La Bonne Voie, Sur Le Bon Chemin... Parce Que Je Retrouve La Foi En Mes Pas Au Milieu de Nulle Part... Je Renoue Avec La Vie, Simplement...

Ce Reve Immense Et Beau, Aux Cotés de La Si Belle Liv Tyler M'a Ce Matin, Remué Comme Il y Avait Longtemps... "Pourquoi Faut-Il Que Les Hommes S'Ennuient?", Chante Le Merveilleux Jacques Brel... Je Le Comprends Comme Jamais Auparavant... Aussi, Je Ne Saurai Vous Conseiller a Toutes Et Tous... Que D'Aimer Ce Précieux Trésor Qu'Est La Vie, Sans Conotation Religieuse Aucune... Simplement Parce Que J'Ai Croisé L'Enfer En Moi... Et Que J'Ai Presque Vaincu Ce mal...

Aimez, Et Les Merveilles de La Nature Viendront a Vous...

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